Appel de communications pour le colloque "Institutions. Entre coercition et soins, XIXe et XXe siècles"

Appel de communications pour le colloque "Institutions. Entre coercition et soins, XIX e et XXe siècles".

80e Congrès de l'ACFAS, Palais des congrès de Montréal, 9 et 10 mai 2012.

Nous vous invitons à nous faire parvenir, d’ici le 1erfévrier 2012, le titre de votre communication accompagné d’un résumé de 250 mots.

Sous la responsabilité de

Véronique Strimelle, [email protected]

Marie-Claude Thifault, [email protected]

Organisme parrain :

Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), Université du Québec à Montréal

Thématique :

L’historicité des modes d’appréhension et de gestion des problèmes sociaux aux XIX e et XXe siècles, au cœur des intérêts de recherche du Centre d’histoire des régulations sociales (CHRS), a surtout été explorée, depuis plus d’une décennie, sous l’angle des institutions à caractère coercitif. Principalement ancrées sur le territoire montréalais, les recherches historiques développées au sein du CHRS ont par la suite porté sur de nouvelles questions dépassant largement le cadre des institutions d’enfermement de types pénal (prison et écoles de réforme) (Fecteau, 2004; Strimelle, 1998; Trépanier, 2010) et asilaire (Cellard et Thifault, 2007).

Dans cette perspective, la réponse collective aux défis majeurs posés par les inégalités sociales, génératrices de pauvreté, de maladie, de déviance, problème historique dont les conséquences sont toujours tangibles aujourd’hui, a permis à notre équipe d’investir sous de nouveaux angles le vaste champ de la prise en charge d’autrui (Bienvenue, 2009; Garneau, 2008; Harvey, 2010; Petitclerc, 2007). C’est sur cette prémisse que nous voulons convier nos collègues des disciplines de la criminologie, de l’histoire, des sciences infirmières, de la sociologie et du travail social à un partage des savoirs sur le rôle des institutions  dans la gestion de ce qui est vu comme devant être pris en charge. Au sens où nous l’entendons, l’institution ne se limite pas à un lieu et ne s’explique pas en recourant uniquement aux rapports de pouvoir. Elle se présente plutôt comme «un fait social impliquant à la fois un espace structuré par des règles et un ensemble de pratiques qui en définissent la teneur » (Fecteau, 2006) ou encore comme « un ordre social basé sur l’action collective aux instances multiples » (Douglas, 1999).

Cette approche plus large des institutions permet alors de s’intéresser à une pluralité de modèles d’organisation sociale tant publics que privés. Elle pousse aussi à s’interroger sur la coexistence possible de plusieurs concepts associés à la question de la prise en charge. Comment en effet concilier le recours à la punition, à la sanction voire au rejet tout en prônant la charité, le service, la solidarité, l’amitié, la responsabilité, la bienveillance (Pattaroni, 2005).

Les expériences et les parcours des individus et des groupes définis comme «à risque» et aux prises avec différents modèles de prise en charge au cours des XIX e et XXe siècles sont aussi au cœur de nos préoccupations, elles permettent en effet  de poser un regard nouveau sur le « poids » des institutions et sur les réactions possibles des plus vulnérables face au modèle qui leur était imposé.

Dans cette perspective,  nous adhérons à l’approche dite des régulations sociales qui  reconnaît le rôle des institutions en les considérant comme le produit de processus et d’interactions toujours mobiles entre des acteurs divers (Fecteau, 2004; Strimelle, 2011, sous presse). Ce double intérêt  a ainsi permis de comprendre comment s’est opéré, dans les représentations mais aussi en partie dans les pratiques, le passage de l’institution dite « totalitaire » (Goffman, 1961) à l’institutionnalisation du care (Tronto, 1993 ; Pattaroni, 2005) et de mieux saisir la place des personnes prises en charge dans ce processus, place largement occultée jusqu’à présent.

Pertinence :

Ce colloque s’inscrit dans le projet d’une lecture socio-historique des institutions et dans une volonté de mise en commun des savoirs qui accueille aussi bien la synthèse personnelle que l’analyse institutionnelle basée sur une approche théorique ou empirique. Il prend pour objet la nature du social comme vivre ensemble problématique qui forge aussi des principes élémentaires de solidarité et de confiance.

L’ancrage théorique et logique de concepts variés, qu’il s’agisse de celui du risque (Beck), des sensibilités (Corbin, Vigarello) de l’éthique du care (Tronto, Brugère) ou de l’analyse du culturel selon l’approche sociologique de Douglas contribuera avantageusement à l’exploration des différents thèmes liés à la régulation sociale des XIX e et XXe siècles.

Il s’agit donc d’observer les populations précarisées par le prisme de l’action collective dans une perspective institutionnelle. Quels sont les rôles des acteurs lors de l’implantation du réseau moderne en matière sociale et pénale? Quelles sont les stratégies développées notamment par les familles les plus démunies, pour prévoir ou du moins préparer l’occurrence des situations de crise? Quelle place occupe le judiciaire et l’associatif en tant qu’instances de régulation dans la longue transition à la modernité? Peut-on repérer des variations chronologiques dans le développement en réseau des diverses institutions caritatives et pénales? Quels seraient les apports de la multiplicité des instruments conceptuels dans la présentation d’une vision cohérente des systèmes de régulation sociale? Comment le passage de l’institutionnalisation à la désinstitutionnalisation teint le paysage de la communautarisation?

Les communications proposées porteront sur tous les types d’institutions permettant de révéler les expériences et les parcours des individus et des populations définis comme «à risque», au cours des XIX e et XXe siècles :

¨     Hôpitaux

¨     Instances pénales et charitables

¨     Communautés religieuses

¨     Instances judiciaires et associatives

¨     Réseaux communautaires

¨     Instances familiales

¨     Institutions pour jeunes

SVP, diffusez l'appel aux personnes qui pourraient être intéressées.

Pour adhérer à l’Acfas, suivre le lien suivant : http://www.acfas.ca/infos-adhesions